Le Vercors à vélo est souvent synonyme de dénivelé important, de grands cols et itinéraires sportifs mais j’ai planifié un parcours accessible pour en prendre plein les yeux et avoir un bel aperçu de ces montagnes.
Dans ma tête, j’associais donc le Vercors aux cols, aux longues ascensions et aux itinéraires réservés aux cyclistes aguerris. J’ai une expérience très restreinte en vélo mais je rêve d’itinérance malgré tout. Je roule plutôt à la journée, comme dans ces itinéraires que j’ai partagé sur mon blog. Durant 3 jours entre Loire et Rhône, j’avais adoré la Via Fluvia l’année dernière. Cette année, j’ai opté pour le Vercors. Il est tout à fait possible de découvrir ce massif autrement, sur un parcours relativement accessible, en profitant des transports en commun pour éviter la voiture.
C’est le pari que je me suis lancée le temps d’un week-end de trois jours entre le Vercors, le Royans et la vallée du Rhône. Un voyage à vélo de gare à gare, avec deux nuits en camping, des paysages magnifiques, quelques découvertes gourmandes et surtout beaucoup de plaisir malgré mon expérience encore limitée du voyage à vélo.
Rejoindre le Vercors sans voiture
Pour ces 3 jours en « traversée », l’un des gros avantages de cet itinéraire est son accessibilité sans voiture.
Depuis Grenoble que j’ai rejoint en TER, il suffit d’emprunter le bus T65 depuis la gare routière pour grimper jusqu’à Saint-Nizier-du-Moucherotte, véritable porte d’entrée du Vercors. Le bus est équipé de porte-vélos, privilégiez le milieu de journée pour éviter l’affluence (j’ai pris celui de 11h16 pour ma part). Cette montée en transport en commun permet d’éviter une ascension de 900d+ sur une route fréquentée et de démarrer directement au cœur du massif Vercors. Consultez les infos ici concernant le voyage à vélo en Isère.
Trois jours plus tard, le retour s’effectue facilement depuis la gare de Valence-Ville en TER. J’ai volontairement choisi un train en milieu de journée afin d’éviter les périodes d’affluence et les éventuelles difficultés pour embarquer avec un vélo. Je vous conseille en gare de Valence de regarder attentivement les horaires et choisir plutôt un train « origine » plutôt qu’un train qui vient d’Avignon ou Marseille car potentiellement, les espaces vélo pourraient être complets.
Dernière info, la réservation vélo est obligatoire et payante sur tous les TER de la région Auvergne-Rhône Alpes les week-ends et jours fériés jusqu’au 27 septembre et en continu du 1 er juillet au 31 aout. Renseignements et réservation ici



Jour 1 : découverte de la Via Vercors jusqu’à Méaudre
Dès les premiers kilomètres, j’ai découvert la Via Vercors, probablement l’une des plus belles voies douces de montagne en France.
Créée au cœur du Parc naturel régional du Vercors, cette voie verte relie plusieurs villages du plateau sur près de 50 kilomètres. Découvrez les itinéraires de la Via Vercors ici. Son objectif est de favoriser l’écomobilité tout en permettant de découvrir des paysages incroyables, ses villages et le patrimoine local sur une voie partagée au coeur du massif. Cette voie douce est prévue pour être parcourue à pied, à vélo, avec un âne ou à cheval, en famille et/ou avec des poussettes.
Sur le papier, l’itinéraire paraît très accessible. Dans la réalité, j’ai trouvé cette première journée un peu plus sportive que prévu. Entre Saint-Nizier, Lans-en-Vercors, Villard-de-Lans puis Méaudre, les petites bosses s’enchaînent et certains passages techniques et caillouteux m’ont fait poser le pied à terre plus d’une fois. Optez pour un gravel ou un VTT… Et courage dans les montées avec vos sacoches !

Tout au long du parcours, les panoramas sur les falaises du Vercors alternent avec les traversées de forêts, de prairies et de petites stations du coin. Les aménagements et le balisage sont particulièrement réussis, ils permettent de profiter de cette première étape sans le stress de se perdre.
L’un des arrêts les plus gourmands de cette journée fut la pause à la Coopérative laitière pile sur la route (dans les derniers kilomètres). Une halte parfaite pour découvrir le bleu du Vercors à la source, refaire le plein d’énergie et s’immerger dans l’identité agricole du Vercors. J’ai raccourci l’étape juste avant Corrençon car je connaissais bien le village mais n’hésitez pas à y faire un tour (qui ajoutera seulement quelques kilomètres en plus).
En fin d’après-midi, j’ai rejoint Méaudre, charmant village de montagne à l’ambiance paisible. Il y a plusieurs commerces pour faire des courses ou boire un coup. Pour la nuit, mon choix s’est porté sur le Camping Les Eymes à la sortie de Méaudre. je l’ai choisi pour sa piscine mais en altitude, il faisait bien trop froid pour tenter une baignade, j’ai passé la soirée en doudoune ! Le cadre est calme, verdoyant et permet de profiter d’une large vue sur les sommets du Vercors au coucher et au lever de soleil. Pour la tente, c’est un modèle de 1657g Sea To Summit Telos TR2 spécifique au bikepacking.





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Jour 2 : les gorges de la Bourne, la grotte de Choranche et le Royans
Cette deuxième journée quitte progressivement les Plateaux du Vercors pour rejoindre le Royans. Le profil est plutôt descendant aujourd’hui (à ma plus grande joie)
Après quelques kilomètres sur la Via Vercors, je bifurque en direction des célèbres Gorges de la Bourne. Cette route est sans doute l’une des plus spectaculaires du massif. Taillée dans la roche, suspendue au-dessus de la rivière, elle offre des points de vue impressionnants sur les falaises qui font la réputation du Vercors. On croise pas mal de motos et de vélos (qui sont dans le sens de la montée), restez bien prudents.


En chemin, impossible de manquer la Grotte de Choranche.
Située au cœur des gorges, elle figure parmi les sites naturels les plus visités du massif. Il y a des vestiaires, un parking à vélo et des toilettes pour se changer et laisser ses sacoches durant la visite. En une heure on rentre dans univers souterrain étonnant composé de lacs, de rivières souterraines et surtout de très fines stalactites fistuleuses, particulièrement rares (d’après les explications de notre guide sur place). Les galeries sont mises en valeur par un spectacle de son et lumière dans la salle de la Cathédrale.
Pour être totalement honnête, ce ne fut pas mon coup de cœur du week-end car la taille de notre groupe était trop grande, il y avait du monde et c’était franchement une visite impersonnelle. Le site reste à voir au moins une fois et constitue une pause rafraîchissante bienvenue lors de cette journée estivale (il fait 10 degrés toute l’année à l’intérieur). Par contre, depuis la route principale, comptez 3km de montée dont 600m à 15% de pente pour la rejoindre.


La route continue ensuite vers Pont-en-Royans, probablement l’un des villages les plus photogéniques du secteur avec ses célèbres maisons suspendues au-dessus de la Bourne. Une pause glace sur les quais s’impose naturellement avant de reprendre la note étape par une route assez calme (en faux plat descendant). L’étape se termine assez tôt à Saint-Nazaire-en-Royans, au super camping Côté Vercors. Il a le label Accueil vélos et propose de super équipements pour les randonneurs itinérants (des tables de pique-niques, un frigo, une bouilloire, des prises…)
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A proximité immédiate de Saint-Nazaire-en-Royans, si vous avez le temps et encore de l’énergie, plusieurs visites peuvent compléter cette deuxième journée (moi je n’en ai fait aucune oops):
- l’aqueduc et son panorama (renseignement et billetterie à l’office de tourisme)
- le bateau à roue naviguant sur l’Isère
- la Grotte de Thaïs (à côté de l’embarcadère)
- la boulangerie du coin pour manger des oreillettes (eux au moins dans la Drôme, ils ne les vendent pas que pour mardi-gras)
Jour 3: la Belle Via, la ViaRhôna et retour en train à Lyon
Pour conclure ces 3 jours à vélo dans le Vercors, changement complet d’ambiance avec l’objectif de rejoindre Valence.
Après les montagnes et les falaises des gorges de la veille, place aux paysages plus ouverts de la Drôme.
Je rejoins d’abord la Belle Via, un itinéraire cyclable récent qui privilégie les petites routes et les voies vertes sécurisées. Le parcours est extrêmement agréable et parfaitement balisé. C’est une belle découverte, je reviendrai faire d’autres tronçons du parcours. Infos et traces GPX ici.

L’itinéraire traverse une succession de hameaux, de vergers et de terres agricoles avec très peu de circulation. C’est un véritable plaisir de rouler sans avoir à se soucier constamment du trafic. Surtout, il n’y a pas ou peu de montées !
Une pause gourmande s’impose à la Maison de la Pogne (enfin c’est surtout une des boutiques de la Maison Pascalis), véritable institution pour découvrir cette spécialité emblématique de Bourg-du-Péage. 10km plus loin, pause déjeuner au Bistrot du Chatô à Châteauneuf-sur-Isère (je continue dans le cliché avec des ravioles) avant de poursuivre tranquillement vers Valence.
Les derniers kilomètres empruntent la ViaRhôna, l’un des itinéraires cyclables les plus connus (au bord du Rhône). Cette dernière portion permet de rejoindre facilement le centre de Valence et sa gare. Je vois de l’autre coté du Rhône (en Ardèche) les endroits où j’ai marché 2 jours sur le GR42.
En milieu de journée, je monte dans le TER direction Lyon Part-Dieu.
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Mon avis sur
J’ai le sentiment d’avoir découvert une autre facette du Vercors : plus douce, plus accessible et parfaitement adaptée à un premier voyage à vélo.
Ce week-end m’a convaincu qu’il n’est pas nécessaire d’être un cycliste chevronné pour vivre une belle aventure à vélo.Avec moins de 1100 mètres de dénivelé positif répartis sur trois jours, des nuits en camping, un accès simple en transports en commun et de nombreuses portions sécurisées, cet itinéraire représente une excellente porte d’entrée vers le voyage à vélo à mon sens.
Entre la Via Vercors, les gorges de la Bourne, les villages du Royans, la Belle Via et la ViaRhôna, le parcours offre une diversité de paysages tout en restant relativement accessible.
C’est une aventure idéale pour celles et ceux qui souhaitent se lancer dans leur premier micro-voyage à vélo sans partir à l’autre bout de la France.
