Traversée hivernale du Mont Thabor

Très beau tour de randonnée déjà réalisé en été, j’ai cette fois effectué la traversée hivernale du Mont Thabor de Valfréjus à Valmeinier en raquettes à neige lors de cette micro aventure sans voiture.

J’adore le Massif du Thabor, j’adore faire de la randonnée en raquettes, j’adore dormir en refuge, j’adore effectuer des traversées à pied en partant d’un point pour finir à un autre, j’adore les montagnes sauvages… Cette traversée hivernale du Thabor s’est rapidement imposée à moi comme mini challenge de l’hiver réalisé à deux.

Jour 1 de cette itinérance en raquettes à neige

Ces 3 jours / 2 nuits démarrent tôt chez moi ce samedi à Lyon. En effet, ce mini trek sera effectué sans voiture et le départ est fixé à 7h24 en TER. J’ai récemment acheté une carte de réduction pour augmenter mes voyages sans voiture ( comme en Haute Loire avec ma mère à l’été 2022 ) et la connexion de Modane à Valfréjus est très simple grâce aux bus fréquents qui relient les stations.

Gros sac sur le dos, raquettes accrochées, petit-déjeuner avalé dans le train, regard fixé vers les paysages… Après 4h de voyage porte à porte ( marche + train + bus ), me voilà devant l’office du tourisme de Valfréjus pour démarrer la journée à 11h15.

Le but de notre journée sera de rejoindre le Refuge du Mont Thabor situé 1000 mètres au dessus de nous… Pas évident de trouver l’itinéraire piéton qui sort de la station sans emprunter les pistes de ski ! Rapidement, nous sortons de Valfréjus au niveau du Gîte des Tavernes.

La première partie de notre montée est bien agréable en sous bois où la neige est tassée. il y a quelques petits tronçons communs avec une piste de ski et d’autres avec une boucle de raquettes à neige mais rapidement, nous sommes au calme autour des Herbiers ( 1640m d’altitude ). Encore une heure de marche et voilà Le Lavoir vers 1900 mètres d’altitude.

Le Lavoir est le point de départ de bon nombre de randonnées en été et l’accès le plus court pour rejoindre le Refuge du Mont Thabor que l’on vise.

Le Lavoir

C’est plutôt sympa de sortir de la forêt et monter en lacets par une pente douce et large. Nous marchons ici sur le GR5. Au niveau de « La Losa » à 2099m, il y a un autre chemin possible par les Chalets du Mounioz mais la pente en dévers m’effraie un peu.

la fameuse variante

Pique-nique au niveau de la Levette, itinéraire très peu fréquenté par la suite et enfin, nous rejoignons le Col de la Vallée Etroite. L’étape tout au soleil a permis de se réchauffer et surtout : en prendre plein les yeux !

Après 10km et 4h/4h30 de montée, arrivée au Refuge du Mont Thabor.

Ce n’est pas la première fois que je dors là-bas mais la première fois que je dors dans un refuge non gardé. Je craignais sincèrement le froid mais le poêle à bois réchauffe vite la grande pièce de vie. Ce que je n’avais pas anticipé par contre, c’est le monde ! Même en arrivant à 15h40, les 30 lits du refuge sont déjà occupés ! En effet, pas mal de skieurs de randonnée ont posé leur duvet ici pour deux nuits consécutives pour faire le tour et l’ascension du Mont Thabor ( 3178m ) en étant le plus léger possible et ils sont tous arrivés… Le vendredi soir ( la veille ). Des skieurs arrivent bien après nous et foncent s’allonger en dortoir. Là je ne comprends pas tout de suite… En fait, s’ils ont une place en dortoir c’est grâce à leurs potes qui leur ont « réservé » un lit. Premiers arrivés, premiers servis ! J’esquisse un sourire car ça me rappelle mon ancienne vie de vacancière en station balnéaire obligée de se battre avec les touristes marquant leur territoire avec leurs serviettes de bon matin pour avoir un transat au bord de la piscine…

Je reste dans mon coin pour me mettre dans ma bulle… Et le plus loin possible des toilettes sèchent qui embaument la pièce d’une odeur vraiment nauséabonde. Pour l’eau, il faut faire fondre de la neige ramassée autour de nous ( on n’en manque pas c’est sûr ! ). Dans la petite cuisine d’hiver, il y a des casseroles, un peu de vaisselle ET DU GAZ… Le vrai luxe !

Repas sommaire à la frontale, apéro pris avec des compagnons d’infortune ( nous serons finalement 7/8 à devoir dormir dans la pièce commune avec des arrivées très tardives autour de 19h30 ! ) et vers 21h30, le refuge s’endort ( moi j’ai mis un matelas sur un banc dans la salle commune )

Jour 2 de la traversée hivernale du Mont Thabor

Le réveil est très ( trop ) tôt car la majorité de skieurs présents a un programme ambitieux qui nécessite de démarrer avant le lever du soleil. Comme ils prennent leur petit déjeuner en salle commune, nous devons urgemment ranger la grande pièce, la journée est lancée autour de 6h. Plusieurs possibilités s’offre à moi aujourd’hui depuis le Refuge du Mont Thabor. J’ai réservé la seconde nuit au Refuge de Terre Rouge et nous avons plusieurs moyens pour le rejoindre. Le site de la FFCAM décrit d’ailleurs très bien les accès / balades possibles en raquettes ( ou en alpinisme pour certaines ) et nous choisissons de passer par le Col de Cheval Blanc et tenter la Pointe de Terre Rouge.

Parcours facile avec une pente vraiment raisonnable, nous mettons quand même un peu de temps à rejoindre le premier col ( 2791m ) à cause de l’altitude et le poids du sac.

C’est déjà très très beau et satisfaisant mais nous continuons vers le second col ( celui du Peyron à 2851m ) avant de pique-niquer au Passage du Pic du Thabor à 2952m), au pied de la Pointe de Terre Rouge et sous la barre fatidique des TROIS MILLE ! Le Mont Thabor est praticable en hiver et pas si difficile ( avec une bonne condition physique ) mais comme je suis déjà allée à son sommet, j’ai préféré effectuer cette traversée hivernale par un autre itinéraire.

Sommet du Mont Thabor en août 2020 ( 3178m )

Cette partie de la journée est très belle. Quelques petites bosses montées/ descentes, les premiers raidillons, s’enfoncer dans la neige très changeante, les pentes en dévers où j’ai peur de tomber… Me concentrer et rester focus me fatigue beaucoup mais les paysages valent vraiment le coup.

Enfin, après la pause face aux Ecrins et plein d’autres sommets dont j’ai oublié le nom ( je reconnais néanmoins de plus en plus de montagnes ! ) , on s’attaque à l’objectif du jour : LA POINTE DE TERRE ROUGE ! Il n’y a plus que 80 mètres de dénivelé mais avec la courte nuit et les heures de marche accumulées, je suis fatiguée et prends mon temps là où je grimpe très vite en été. Cette pointe optionnelle s’effectue en aller retour et vous pourrez laisser vos sacs à dos en bas pour monter « allégés »

Le sommet à 3080 mètres vaut tous les efforts ! Le panorama est DINGUE ! Inoubliable et fabuleux avec ce beau manteau de neige… Matez moi ça !

Ensuite, il faut redescendre et si c’est là où j’excelle en été… Là j’en ai autant bavé qu’en montée car la neige en pleine aprèm était vraiment bizarre. Mouillée, ventée, poudreuse, lourde… Surprise à chacun de mes pas si bien que les 900 mètres de descente vers le refuge ont été vraiment physiques.

12,7km, 700d+ et 7H40 plus tard, le jour 2 de cette traversée hivernale du Thabor se termine au Refuge de Terre Rouge.

La fin de la construction du refuge de Terre Rouge date de 2017. Situé sur une variante du GR57 au dessus de Valmeinier, il est très propre, spacieux, confortable et agréable pour faire étape. La literie est très bien, l’espace sanitaire est bien aménagé malgré l’absence de douches ( il y a des lavabos d’eau tièdes ) et on mange correctement ( toujours pas de fromage fonduuuu ). Epuisée par ma journée, je me suis endormie autour de 20H15… Si si je vous jure !

jour 3 : Qui pense vraiment que la raquettes est une activité familiale ?

La veille lors du gouter / apéro, j’ai entendu sans le vouloir les échanges d’un groupe de skieurs de randonnée à propos des « raquettistes » qui pourraient monter en refuge et essayer eux aussi l’itinérance sans ski. Ils ont eu des échanges spontanés et maladroits mais pour les avoir entendu dire  » c’est sympa la raquette c’est facile et tout le monde peut en faire », j’étais à deux doigts de me lever et leur expliquer mon point de vue. C’est exigeant de ne jamais pouvoir se laisser glisser en descente et l’énergie que réclame chaque pas dans la neige est vraiment importante. On évolue moins vite en raquettes à neige que l’été en randonnée d’ailleurs.

Peu importe mais pour ce jour 3, l’idée était d’aller au petit Fourchon ( 2568m) et s’approcher du Col des marches ( 2725m ) avant de rejoindre la station de Valmeinier en évitant un maximum les pistes de ski.

Pour vous la faire courte, tout aurait pu se dérouler comme sur des roulettes si mon acolyte n’avait pas oublié que là où passe le skieur, le raquettiste bloque parfois ( dévers de folie, pentes comme des murs et pistes noires gelées ) . Une erreur d’appréciation sous le Petit Fourchon et nous voilà à devoir redescendre un MUR où la chute n’était pas envisageable. J’ai énormément stressé ( pleuré aussi disons le ) mais finalement, avec beaucoup de patience et prudence nous avons rejoint le vallon et la station de Valmeinier pour une étape 3 de 10km, 530d+ et 6h30 de marche. Je vous conseillerai de suivre la trace de ski de rando bien marquée sur la carte pour ne pas rencontrer les même difficultés que nous ( en fonction des conditions bien sûr ).

Préparation d’une traversée hivernale, infos utiles et rappels de sécurité

Je vous rappelle que je ne suis pas guide ni professionnelle de la montagne et mes partages spontanés relatent de MON expérience personnelle de cette traversée hivernale du Mont Thabor. En aucun cas je ne vous invite à reproduire mon parcours si les conditions d’enneigement, un BERA ( bulletin d’évaluation du risque d’avalanche ) favorable et une bonne forme physique ne sont pas réunis.

Cette traversée n’est pas infaisable sans guide et encore moins en raquettes à neige mais vraiment, ne foncez pas la tête baissée. Une première experience me semble nécessaire.

Ne partez idéalement pas seul(e) et n’oubliez pas de vous équiper d’un appareil de détection des victimes d’avalanche toujours sur vous ( pas dans le sac à dos et toujours sous une couche de vêtements pour éviter qu’il s’arrache en cas d’accident ) .

ARVA EVO5 pour moi

N’hésitez pas à faire appel à un guide pour ce type de projet si vous en ressentez le besoin, organisez votre itinéraire grâce à l’excellent site de la Compagnie des Refuges Clarée Thabor ( une mine d’informations pur les voyages itinérants en hiver ! ) et si besoin, rejoignez un groupe via une agence de voyage.

Pour le massif des Cerces et le Mont thabor en hiver, les spécialistes sont PEDIBUS. Ils proposent beaucoup de séjours différents en raquettes à neige ( en hôtel ou refuge, en itinérance ou en étoile ) et même si je ne les connais pas, ils ont des produits qui semblent très adaptés aux bons sportifs.

J’espère que le récit de ma traversée hivernale du Mont Thabor vous aura plu, en tout cas moi je me suis régalée ! Ah oui, j’oubliais: pour ces 3 jours, je n’ai pas dépensé plus de 140 euro ( train + bus + refuge non gardé + demi pension )… Un voyage dépaysant et ressourçant dans un tout petit budget !

3 thoughts on “Traversée hivernale du Mont Thabor

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Suivez moi sur Instagram

Ce message d’erreur n’est visible que pour les administrateurs de WordPress
Erreur : aucune publication trouvée.

Ecris-moi !

[recaptcha size:compact]