Tour du Mont-Blanc : Jour 7

JOUR 7: « Champex d’en haut, Bovine, Col de la Balme, Trient »

Je regarde par la fenêtre à 6h31 et il pleut. Mes doutes deviennent des certitudes : pas de variante d’Arpette. Je suis épuisée par le grand huit dans lequel ma tête est secoué alors ces gouttes par la fenêtre, c’est peut-être un signe.

 

Je traîne au petit-déjeuner. La journée n’est pas celle que je m’étais imaginée, l’étape classique ne semble pas difficile, et selon mes estimations et la fréquence de mon pas, je ne finirai pas tard ce jour 7 par l’itinéraire classique.

Les gouttes ne me gênent pas, la pluie est fine, loin du déluge que certains subiront plus tard…

Je passe devant les restes d’un ravitaillement officiel de l’UTMB. C’est drôle d’imaginer que certains sont passés ici quelque jours avant moi en mode trail. Je croise des français. Nous sommes minoritaires sur ce Tour du Mont Blanc à cette période de l’année alors c’est un plaisir d’échanger.

« Je porte le sèche-cheveux de maman ». Cette jeune femme m’émeut. Une mère et sa fille, leurs premières vacances du style et clairement elles en chient car leurs sacs à dos contiennent à mon sens trop de trucs futiles et pourtant, Marine m’explique « c’est important que ma mère se sente bien alors tant pis si je dois porter son sèche-cheveux et d’autres bricoles, ces 17kg je les emmènerai jusqu’au bout ». Wouaouh, 17kg sur le dos alors que je supporte si mal les 10/11 que je porte sur le mien…

Je sais que si ma Mamafoutrak marchait avec moi, je porterai même un pack de bières pour le plaisir de l’avoir près de moi.

Un couple se joint à cette petite conversation de randonneurs : »On a fait vos erreurs par le passé nous aussi mais aujourd’hui, l’un de nous porte 5kg et l’autre 7kg ». Leur stratégie est payante car ils semblent sautiller et prennent tant d’avance que je ne les recroiserai pas avant le lendemain soir. Je marche toute la journée en me disant que je vais finir par jeter mes affaires. Le premier changement que j’opère c’est de vider mes gourdes ou bouteilles. Jusqu’à maintenant, je remplissais quotidiennement 2,5l « au cas où » hors il y a tellement de points d’eau sur le parcours que je n’ai pas besoin de me rendre encore plus lourde que lourde avec toute cette flotte en excès.

Ce jour 7 est frustrant. Je suis censée avoir un point de vue sur la Vallée du Rhône et sur les Combins quand je suis à 1740m mais rien. La vue panoramique sur Martigny depuis Bovine ? Que dalle non plus ! Je ne fais pas de pause, je bois et mange à peine, La pluie est fine mais je sais qu’elle peut empirer à tout moment et comme on ne voit rien et qu’il fait froid, je fais coucou au vaches, je trace.

J’arrive au col de La Forclaz bien plus vite que d’après l’estimation de mon topoguide. Brouillard, temps dégueulasse, je m’arrête pour boire un coca et profiter d’un bon accès wifi. En Suisse, je galère vraiment avec le réseau donc tant que je tiens un bon signal, j’en profite. Il est très tôt mais on dirait qu’il fait nuit, quelle atmosphère sinistre.

Trient, le lieu de mon étape du soir, se trouve à 30 minutes de marche et il est seulement 13h. Pourquoi la journée me semble interminable ?

J’arrive à l’Hotel de la Grande Ourse à 14h malgré ces 2h de pauses au Col de la Forclaz.

Je suis sûre que ce village touristique est très agréable en pleine saison mais aujourd’hui sous la pluie maintenant très forte, il est sinistre et c’est peu de le dire.

L’établissement est comme neuf, le bâtiment très froid mais ma chambre dortoir très confortable. Nous serons 8 à la partager. Que des hommes. Certaines auraient peur, moi non, nous ne sommes pas en ville, je ne sens aucune insécurité et la femme seule est tout à fait respectée. Nous sommes des randonneurs qui nous reposons pour la nuit avant de repartir. Jamais un seul regard, pas une allusion, ce climat semble normal mais croyez-moi, mon entourage m’avait tellement transmis d’angoisse que j’avais fini par croire que ça se passerait mal.

A l’heure du diner, je retrouve des têtes connues. Michel le retraité niçois, Graham l’anglais, et des petits nouveaux: un couple de québécois. C’est leur premier jour, moi le septième, ils sont timides autant que moi je suis à l’aise, on commence à distinguer celles et ceux qui démarrent le Tour de ceux qui le finissent. Je ne sais pas comment l’expliquer mais un truc différencie « les nouveaux » des « anciens ». Je me fais même payer un verre de rouge à ma table et je trinque en français, en anglais et même en norvégien, je ne me sens jamais seule et au contraire, vraiment bien.

Je ne traine pas, je dors tôt, le sommeil est une énergie indispensable et la journée suivante en demandera.

Retrouvez mon itinéraire sur Strava : 16,1km/ 860D+

Lire le Jour 6 ici

Continuer avec le jour 8 ici

Infos sur l’Hôtel de la Grande Ourse ici

 

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