Le Mad’Trail : A la redécouverte de Crève-Tête

Station de love. Valmorel est celle où je me suis le plus rendue et la 5 ème fois, on s’en souviendra. 

Je la rejoins. La seule, l’unique, ma binôme de running. Je l’ai connue sur Instagram à l’époque où j’ai démarré la course à pieds, je vous refais pas l’histoire, on est pas là pour ça.

A l’époque, tout semblait facile. On y connaissait rien, on partait sans stress à l’aventure, il y a deux ans avec Flofo, on est déjà venues en repérage ici ( Juin 2015 pour préparer cette course ).

1 an de blessures par intermittence pour moi depuis, et le plus dur c’est elle qui le vit car ce n’est pas fini, Floflo souffre de spondylolisthesis et d’une inflammation depuis plusieurs mois du sacro-iliaque. Une battante, pire : une tornade, une éternelle patate.

Moi je stressais beaucoup. Une reprise moins facile que prévu, l’impression d’être faillible, malgré les pastas et le rituel partagé de préparer son race-pack, j’ai passé une petite nuit.

La course selon les organisateurs : 19km/ 1250D+

Je prends le départ finalement très sereine. Je pisse, je repisse, je re-repisse, classique.

Comprenant que le vrai enjeu n’est pas pour moi mais Flora, je me calme. Elle n’est pas entrainée, elle se bat en permanence contre la douleur et participe à la course sans l’avoir dit au médecin spécialiste qui la suit car il ne lui aurait jamais dit oui…

Tout va bien, tout va très bien, ni elle ni moi n’avons le coupe-vent mentionné dans le matériel obligatoire, je m’affole même pas, de toute façon c’est trop tard.

J’ai ma couverture de survie, les numéros d’urgence dans mon répertoire, de la bouffe, de l’eau, mes BATONS, let’s go !

Et justement tête en l’air que je suis je m’en suis pas rendue compte tout de suite mais j’ai pas pris les deux même bâtons !!! La marque de mon modèle habituel est Komperdell et là je sais pas ce que j’ai foutu mais j’en ai pris un cassé ! Je les avais sur la photo initiale, prête et sûre de moi mais patatras…

Les 500 premiers mètres sont en montée et je me traine ces bâtons qui servent à rien. Je me fatigue déjà mais super Floflo a THE solution pour moi : « donne les à un bénévole ! ». 3 secondes après cette idée lumineuse je m’exécute, rdv est pris de les récupérer à l’office du tourisme les confiant à deux inconnues.

Jusqu’au km 3 : Y a un paquet de monde. Il n’y a peut-être que 406 personnes inscrites mais elles sont toutes au même endroit, ça bouchonne pas mal. Inutile de le préciser, c’est comme au permis de conduire, si je ne dis rien c’est qu’on a pas changé de consigne, bref : ça grimpe.

Km 3,5 : Elle en a sous le capot ma Flora, je sens qu’elle s’ennuie avec moi, sur mes ordres elle trace. C’est délicat car nous sommes en course officielle et je dois baisser volontairement mon rythme, cette course est le point fort de ma préparation à la 6D lacs et je dois rester en sous régime. J’en profite pour partager sur instastory et faire des petites photos souvenir.

KM 6,5 Elle est là !!! Je suis presque déçue de la rattraper ! Elle a une bonne excuse, elle vient de s’arrêter pour aider une participante que la chaleur a terrassé. C’est vrai qu’il fait chaud, ça cogne, ma casquette et l’indice 50 dont je me suis tartinée ne sont pas une mauvaise idée.

Une pause grimpette, je suis pas trop fatiguée, nous sommes au col du Gollet et c’est l’heure du ravitaillement.

C’est le seul du parcours mais vraiment il vaut le coup. Un orchestre pour l’ambiance, des produits issus de Biocoop, je me régale, c’est la fête, et le must c’est l’eau très fraiche.

Jusqu’au km 9,5 La pause était méritée, mais la grimpette n’est pas terminée, l’ascension jusqu’à Crève-Tête peut continuer. Je m’inquiète pour Floflo, je reconnais le parcours puisqu’on était déjà venues, on arrive à 2341m d’altitude avec un petit passage technique à escalader à mains nues, on vient de se taper le plus gros du dénivelé annoncé.

« Crève-Tête, 2341m d’altitude, tout le monde descend ! »

1h40 environ, dans les 1000D+, laissez-nous deux minutes qu’on admire la vue ! Je suis essoufflée mais rien de grave, non vraiment, je suis contente de mon état. Tout le monde fait son selfie, y en a même qui boivent des bières, je veux des photos avec mon amie et c’est reparti.

La descente démarre par un panorama unique sur le Mont-Blanc.

On peut pas le rater, on se faufile sur une crête, c’est vraiment le rêve !!

Il me faut toujours du temps pour m’adapter et faire la transition entre montée et descente. Un peu de cailloux qui nous ralentissent, je me chasse de la cervelle la peur débile de glisser, il va falloir rattraper le rythme très lent causé par cette interminable montée.

Je dis à Floflo que je prends le large, je suis sûre qu’elle me rattrapera.

Km 12 Une pause pipi en pleine nature avec ce genre de vue

Km 12,5 : une galère que j’avais vu venir, mon genou est bloqué.

J’avais doublé une dizaine de participants, j’étais plutôt bien lancée mais je reconnais immédiatement ce qui se passe dans genoux gauche, TFL veut me parler… Plus de Crossfit depuis 6 semaines, renforcement musculaire zéro, gros débit de dénivelé positif et négatif, j’ai ce que je mérite. Je distingue la gêne de la blessure, je sais aussi que j’accumule pas mal de fatigue, rien de très grave si je surveille, ça arrive.

Je ralentis, je fais gaffe, ça passe, et au km 15 et des poussières, on monte à nouveau !!!

J’ai en tête l’épisode à Val d’Isère, moi assise par terre car j’en avais ras les baskets, non je ne reproduirai pas ce schéma cette fois, je suis plus forte que la fatigue générale habituelle en fin de trail.

Je bois des gorgées toutes les dix minutes, j’alterne avec des bonbons powergel, j’anticipe que je vais en avoir ras le cul..

Je me mouille la tête dans une fontaine, j’accepte l’eau peut-être contaminée par une autochtone à un coin de rue, je souris à chaque bénévole qui m’encourage, chaque pas me rapproche du final et en fait je vais pas si mal.

Je me dis que les kilomètres passent vite, j’ai même pas eu besoin de musique (j’en écoute seulement en entrainement sur route), et quand je regarde autour de moi, tous les autres coureurs en ont marre.

Km 19 : On monte doucement depuis 3 bornes, je suis lessivée pour courir, dommage, c’est pas du tout technique et propice pour mettre du rythme.

Km 19,2 ? Km 19,3 ? La famille de Floflo est là : son mari et ses trois mini guyz. Sacha, Achille, Léopold, Romuald, tout le monde crie mon prénom comme si j’avais gagné ! C’est génial, ils me donnent le smile mais j’ai envie de pleurer de pas savoir où est Flora.

Je me suis demandée si j’aurais dû l’attendre. Je me suis demandée si on aurait dû finir ce Trail ensemble. J’y ai pensé sur toute la fin de la course.

Km 19,26/1316D+ selon TomTom

Km 17,7/1332D+ selon Strava

J’entre dans le bourg de Valmorel, on m’acclame sur les derniers mètres, elle est là mon arche !

217 minutes depuis le top départ 

Ma floflo arrive en courant accompagnée de ses enfants. Elle est belle, elle est souriante, et je vois pourtant qu’elle souffre. Son dos s’est bloqué. Elle a morflé. Mais ça, elle ne le dira pas mais je l’ai deviné. Elle ne me parle que du positif. Ce défi incroyable qu’elle a réussi. Je suis fière de poser avec elle maintenant qu’on a fini.

Cette course, ce chrono SANS ENTRAINEMENT, elle ne le doit qu’à elle. Avoir choisi sans être sûre de ne pas l’attendre, c’est être certaine pour elle que c’est une gagnante. Elle ne me doit rien, personne ne l’a emmené au bout sinon sa motivation légendaire, seule elle a vaincu Crève-Tête.

La suite

Un repas montagnard offert, des produits locaux pour se restaurer, une organisation au top du top à Valmorel !

 

Des diots, des crozets, une tarte aux bluebz, on peut pas mieux faire !

From Valmorel with Love 

Je ne sais pas si je reviendrai une sixième fois ici, mais si je le fais, si vous y allez, passage OBLIGATOIRE à la boulangerie Maryan.

Je croyais connaître par coeur leurs produits mais NON, j’ai fait la découverte de… LA TROPEZIENNE A LA MYRTILLE !

J’écrirai jamais de CR plus court MAIS… 

  • Cette course est top mais se fait très bien en mode rando
  • Je n’en finis plus de porter des shorts, celui-ci est un Odlo
  • Je vous ai dit que j’idolâtrais Floflo ?

 

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8 thoughts on “Le Mad’Trail : A la redécouverte de Crève-Tête

  1. Je pleure comme je t’aime en lisant tes lignes … j’espère bien qu’on y retournera ensemble à la conquête de Creve tête. Ne change rien et sois fière de TOI.

  2. Vraiment genial ce dernier article Foutrak ! Ton énergie, ta franchise et tes virées en montagne motivent à ce dépasser encore et toujours ☺️

  3. Première fois que je commente.
    J’adore tes CR
    Je fais de la course a pied depuis 5 ans peu être, que du plat ou pas violent. La je me suis lancée sur un premier trail ce dimanche (5 novembre) de 8.7km sans trop de dénivelé.
    je commence a apprécier de courir en foret, surtout ailleurs que de la route… je ne sais pas ce que ca va donner.
    Je ne suis pas équipée pour le trail (mais je me dis que pour commencer c’est deja bien)
    31 ans, voila que je me lance.
    Qu’est ce que tu conseilles comme chaussure de trail? (je vais galoper avec mes nikes de CaP mais si ca me plait je prévois d’investir un peu)

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