Le X-trail de Courchevel : 11km, 600D+ pour mon tout premier trail

 

Vous la connaissez sur la toile avec son corps sublime et son immense sourire, elle prépare le Raid des Alizés et avait besoin de s’entrainer, voici le récit de sa premier expérience dans le genre, let me introduce TATA CAROLE G ! 

Nous sommes amies depuis 2011. Nous nous sommes connues dans une salle de fitness autour d’un cours de step. Plusieurs cours collectifs ensemble, une après-midi piscine et voilà comment depuis 6 ans nous sommes devenues et restées amies. Notre pratique du sport n’est pas la même: Carole opte pour le sport à la maison en suivant le programme de ML fitness, court un petit peu mais pas trop alors quand elle m’a demandé de me rejoindre sur ce défi, j’étais effrayée devant l’inconnu qui l’attendait car elle est très peu préparée.

Un week-end rando+course habituel pour moi mais j’ai conscience que pour Tata, ces deux jours n’avaient rien de banal car elle ne va jamais l’été en montagne.

Si je lui ai demandé de se raconter dans sa première expérience de ce type c’est parce que je suis sûre que son compte-rendu intéressera celles et ceux qui débutent et n’osent pas s’inscrire et puis surtout parce que son aventure a été ROCAMBOLESQUE !

Elle est ma guest alors je n’ai pas touché une ligne de ce qu’elle a écrit, bonne lecture !

Dimanche 6 août, à Courchevel le Praz, j’ai pris le départ de mon premier Trail.

Dire que je savais à quoi m’attendre serait faux.

Dire que j’étais préparée physiquement serait faux.

Dire que j’étais préparée mentalement serait faux.

Ce qui est vrai c’est que je me suis inscrite à ce Trail surtout parce que je voulais retrouver des copines et retourner à La montagne. Mon escapade à Courchevel fin juillet m’avait tellement enchantée que j’attendais la première occasion pour y retourner.

C’était donc inattendu et improvisé et heureusement. Si j’avais réfléchi 2 secondes, je ne suis pas sûre que je me serais lancée, la trouille sans doute 😐.

Bref, samedi je rejoins Foutrak, Ludivine, Cricri et Fiona. A peine arrivée, on part toutes les 5 en ballade, pour une rando « facile » d’après le guide. Facile pour qui ? En tout cas pas pour moi 😅. Je n’ai pas l’habitude du dénivelé ni de l’altitude et encore moins de ce type d’effort et j’entends dans ma petite tête cette petite musique qui me dit « la vache, si tu en baves déjà autant pour une simple rando facile, ça va donner quoi demain au trail … ». Mais je coupe le son, je profite de cette belle journée et des copines. Ambiance parfaite, cadre parfait !

 

Lendemain matin, jour J.

Réveil facile à 7h30.

Bonne nouvelle : jambes lourdes mais pas de courbature, ouf !

Mauvaise nouvelle : 1er jour de règle, soulée !

On petit déjeune toutes les 5. On est très silencieuses. 😶

Foutrak doit sentir mon angoisse monter et essaye de me détendre en mettant la musique à fond et en dédramatisant du mieux possible ce qui m’attend.

Je fais semblant d’être détendue, mais putain, j’ai mal au ventre et un stress de malade.

 

Je ne suis pas au mieux de ma forme 😰, douleur de ventre, angoisse, jambes molles, je repense à la réflexion de la veille de Cédric Fleureton (qui va finir 1er du 33 kms) venu saluer Foutrak : « une rando la veille les filles, c’est pas très malin » , bref, je ne suis pas encore partie que je me demande déjà ce que je fais là !

A peine le temps de dire ouf et ça y est je suis sur la ligne de départ avec les filles et les 180 anonymes du 11 kms. Je vais faire mon premier Trail, je le réalise seulement maintenant.

Les gens sont heureux, sympa tout le monde a le sourire

Pan ! Le cortège s’élance, tout le monde part en courant.

Foufou, Cricri et Fiona sont devant. Ludivine est à côté de moi.

J’essaye de suivre le rythme et je sens tout de suite que ça va pas le faire.

Je souffre déjà au bout d’1 km à peine, j’ai du mal à respirer et des spasmes au ventre me clouent sur place.

Je pense déjà à arrêter, je continue encore un peu mais j’y arrive pas.

Je regarde Ludivine et je lui dis que « j’arrête ». Elle est désespérée pour moi. Elle insiste un peu, elle ne sait pas quoi faire. Je suis catégorique : j’arrête ! Si au bout d’1,8 kms sur du plat je suis dans cet état je n’arriverai jamais jusqu’au bout de toute façon.

Je fais demi-tour, je la regarde s’éloigner toute contrariée.

Je croise le serre-fil sur son beau VTT, je l’informe que je rentre. Même lui à l’air désolé.

Je fais 200 m et je m’assoie sur une souche. Je pleure un bon coup, je reprends mon souffle et je n’arrive pas à croire à ce qui est en train de se passer ! Nan c’est pas possible, je vais pas abandonner, je suis pas comme ça, et les copines qu’est-ce qu’elles vont dire, et mon amour propre et comment je pourrais me pardonner ça ?!?!

Je laisse passer 10 min, je cogite et je me lève : je repars ! C’est décidé, peu importe le temps, la difficulté, j’irai au bout quoi qu’il arrive.

Cette décision a eu l’effet d’une barre énergétique, je trottine, le souffle va mieux, j’avance plutôt bien, mais ça ne va pas durer.

2.6 kms, la première vraie difficulté, 800 m avec 130 D+, pour certain c’est rien, pour moi ça pique.

Je grimpe, j’avance doucement, je me prends pas la tête, je m’arrête pour respirer, je ne pense qu’à la descente qui va bientôt arriver. J’ai bien fait d’écouter Foutrak et de bien étudier le parcours.

 

Je mange, je bois, je grignote et je finis par rattraper quelqu’un. Une jeune fille, qui reprend son souffle en compagnie du serre-fil, assise sur une souche. Elle s’appelle Manon. Il s’appelle René. On va faire presque toute la course ensemble.

« Hooooo une copine de galère » je lui dis. Elle me sourit, elle a l’air soulagée elle aussi de voir quelqu’un qui en bave autant qu’elle 😅

René à l’air surpris de me voir « bah alors, vous êtes revenue » ?

Dans 2’ tout le monde se dira « TU » !

Bref, on reprend l’ascension tous les 3, Manon et moi en mode « on respire avec une paille », suivies de René qui porte son VTT dans les côtes tout en nous décrivant le parcours et en papotant …. Grande leçon d’humilité !

La descente arrive, il était temps.

Et là j’adore !

Je passe devant, je cours dans la descente, ça détend les jambes, je respire normalement, j’ai une bonne énergie, je suis trop bien, je kiffe. J’ai presque le sourire. je ne vois plus ni René ni Manon, je fais du Trail !

 

Je le savais, je l’attendais, voilà la deuxième difficulté : 190 D+ sur 1.5 kms. Et celle-là, elle me tue.

A milieu de la côte, je suis rattrapée par Manon et René, toujours avec son vélo sur le dos.

J’ai l’impression que je vais mourir, chaque pas est difficile, j’arrive à peine à respirer, mais chaque pas me rapproche de la fin. Je comprends enfin cette phrase de Foutrak « ce ne sont pas tes jambes qui t’emmènent en haut de la montagne, c’est ta tête » ! Et c’est vrai !

Je ne sais pas où je suis allée chercher l’énergie, dans mes bonbons Powerbar peut-être 😉, mais en tout cas, j’arrive en haut avec Manon et René.

On souffle un peu et je pars devant dans la longue descente.

Je cavale, je sautille, je respire, putain que j’aime ça, j’ai plus mal, je kiffe, cette fois je crois bien que je souris pour de vrai. René me rattrape sur son vélo cette fois en me disant « c’est bien Carole, tu fais du trail là, je pensais pas que tu irais jusqu’ici, bravo, continue ».  Je suis au top de ma life, je suis Wonder Woman  !! 😎😂

J’arrive même à apprécier le paysage, écouter le bruit du torrent, c’est beau !

Et j’arrive au ravito.

Hiiiiihaaaa.

Les 2 charmantes petites dames ont l’air surprise de voir encore quelqu’un arriver, le gros de la troupe a dû passer depuis un moment.

René arrive à fond sur son vélo pendant que je suis en train de leur dire « je suis pas la dernière, il y a encore une jeune fille qui arrive, ne remballez pas tout de suite », et la René me dit gentiment « de toute façon, tu ne seras jamais la dernière, le dernier c’est toujours moi », c’est mignon non ? 😍

Je grignote des pâtes de fruits, une compote, une demi banane, je bois du coca et je repars sans attendre Manon.

Je ne la reverrais que quand elle passera la ligne d’arrivée.

On est presque à la fin, encore une dernière difficulté 120 D+ sur 1.5 kms, encore une côte, mais elle passe bien, j’ai des jambes, le souffle est court mais je le gère mieux. J’avance dans la douleur, mais j’avance. Et je commence à réaliser que je vais le finir ce Trail, ça y est je l’ai presque fai…. Presque…

Je ne me souviens plus très bien de la fin.

Je me souviens juste m’être fais doubler par René et son vélo, lui avoir demandé ou était Manon (« un peu plus loin derrière, elle va bien »), je me souviens des anonymes au bord du chemin qui te félicitent, qui te disent que c’est bientôt la fin, je me souviens des Trailers qui bouclent leur 33 kms ou leur 54 kms qui te doublent à fond mais qui ont quand même un gentil mot pour te dire « allez courage, c’est les derniers mètres », « allez vas-y tu y es presque », je trottine autant que je peux mais j’en peux plus, je vois l’arche en haut de la dernière mini-côte, c’est la seule du parcours que je fais en courant et ça y est, Biiiiiiiiiip, j’ai passé l’Arche putain !!!

 

Je suis toute seule, les copines ne sont pas là, elles pensent toute que j’ai abandonné, j’ai les larmes aux yeux, c’est trop d’émotion.

J’appelle tout de suite Foutrak, j’entends sa petit voix « coucou Tata, ça va, on s’inquiète t’es où ? ». Je lui dis que je viens de passer la ligne d’arrivée. « Naaaaaaaan, c’est vraiiiii tu l’as faiiiiiiiit !!! Mais c’est trop bien, on arriiiiiive ». La joie dans sa voix me fait craquer, je verse quelques larmes toute seule en les attendant et je vois Manon qui arrive. Je me mets sous l’arche pour l’encourager et la féliciter. Elle me fait un signe et un grand sourire. C’est chouette.

Je vois au loin les copines arriver, je trottine jusqu’à elles, on se fait des câlins, on se félicite, on est heureuses,  j’ai les larmes aux yeux.

Bref j’avais le numéro 900 et dimanche 6 août, j’ai fait mon premier trail !

J’étais obligée de donner mon avis même si personne me l’a demandé…

Tata Carole G décrit très bien toutes les étapes que je peux moi aussi passer, ces difficultés que nous rencontrons tous quand nous nous élançons vers l’inconnue. Ce compte-rendu, c’est la fierté d’être sorti de sa zone de confort et savoir qu’on s’est dépassé.

Ce n’est parce que je cours tous les week-end que j’oublie que les débuts ne sont pas faciles. D’ailleurs Mamafoutrak a écrit un article pour se lancer dans sa propre rubrique iciiii .

Je crois surtout qu’en cherchant dans sa tête la motivation pour aller au bout de cette course, au-delà du chrono je crois que Tata a relevé le défi !

Et puis si les jours suivants elle a eu des courbatures, je pense que ça fait moins mal de se remettre d’un état de fatigue temporaire pour une performance exceptionnelle que d’accepter et se pardonner un échec par abandon. 

BON, ET SINON TATA, TU RECOMMENCES QUAND ???

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11 thoughts on “Le X-trail de Courchevel : 11km, 600D+ pour mon tout premier trail

  1. Bravo Carole! Tu peux être fière de toi, quelle force ! 😀
    Ps. Foutrak,va pas falloir que tu te laisse trop ton blog aux mains de guests parce que là vous me donner graaaaaaave envie de courir et que j’peux pas parce que le doc a dit « non » ! Pfff…

  2. Je recommence le plus vite possible !!!
    j’aime beaucoup ta derrière phrase Foufou « Ca fait moins mal de se remettre d’un état de fatigue temporaire pour une performance exceptionnelle que d’accepter et se pardonner un échec par abandon », c’est tellement vrai ! et en plus j’ai pratiquement pas de courbatures, hiiiiihaaaa !!! Par contre je suis bien fatiguée 🙂
    Je suis en train de regarder les randos vers chez moi, j’en ai repéré une que je pense faire dimanche matin, si ca te dit 🙂
    Merci pour tout Foufou !

    1. Merci Anthony ! C’est vraiment la tête qui fait avancer les jambes et c’était al première fois que je m’en rendais compte ! Par contre, je ne vais pas l’oublier. Merci encore. Bises

  3. Carole,
    Tu m’as foutu des frissons, tu as fait couler mes larmes! J’ai adoré ce compte rendu, et je te trouve incroyable ! Ca m’a rappelé un certain week end dans le Vercors. La montagne, on croit souvent la connaître, mais elle nous étonne, nous fascine, à travers joie, force et difficultés, à chaque fois qu’on y met les pieds. Comme tu l’as écrit, une grande leçon d’humilité. Bravo. Et merci d’avoir partagé ces émotions ici ❤️

    1. Ho merci Milie !!! Ton commentaire est super touchant ! L’humilité c’est vraiment ce que je retiendrais : face aux éléments, face à la montagne, face aux autres et face à soi-même. Une expérience que j’ai hâte de renouveler, mais qui me fera peur à chaque fois ! 🙂 Du fond du coeur encore MERCI !! Bisous

  4. Salut Foutrak,

    Je viens de tomber par hasard sur ton blog en cherchant des photos du trail et j’ai donc lu celui ci et me suis vite aperçu que tu me disais quelque chose et forcément car c’est MOI qui vous ai pris en photo avant le départ, te souviens Tu? J’avais le dossard 804 et ma femme le dossard 803. Je suis content à travers ce blog de savoir que tu as surmonté tes limites pour pouvoir finir ce trail qui malgré c’est 11kms200 n’était pas du tout facile!!! J’en ai bavé moi aussi même si je fini 37ème et ma femme 72ème, ce trail inconnu pour nous, nous a donné du fil à retordre! Notre course la plus difficile après notre 1er marathon au mois de mai! BRAVO à toi et tes copines ;-).

  5. Bravo Carole ! A moi aussi tu m’as foutu les larmes aux yeux…
    Bravo pour ta résilience, pour ton courage et pour ce CR très passionnant !
    Foutrak n’a pas fini de convertir des gens au trail je crois… 😛

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