Le premier trail montagne d’un Papa Nouille

Je l’ai connu par hasard sur Instagram. Je ne le suivais pas mais on s’est rencontrés sur un trail. Papa Nouille, que personne sur la toile n’appelle Pierre, est un membre de mon squad, laissez moi vous le présenter.

Les boiteux, ce sont 20 coureurs engagés en équipe dans une compétition de points qui ne rapporte rien mais c’est une communauté conviviale où l’on partage le plaisir de courir. Eltazdusud est le capitaine de notre team, et même si on échange surtout via internet, je l’ai rencontré maintenant plusieurs fois dans la vie réelle. Au mois de juin j’avais participé au trail des menhirs et justement, ce papa Nouille, membre également de ce groupe, était le binôme avec qui j’avais participé à la course.

Habituellement, il porte sur son dos le célèbre bébé nouille qu’il emmène partout, le vrai sportif c’est d’ailleurs peut-être lui finalement ? Des séances au bord de la mer, Les 10km de la Garde mais ce coup-ci, sans la poussette, sans la maman ni le baby, Nounouille de son petit nom a rejoint le gang des bouffeuses de cailloux s’inscrivant lui aussi à la 6d Lacs dont j’ai déjà parlé ici.

Il n’a pas de blog, je suis sûre que c’est en cours 😉 alors avant qu’il est sa propre tribune, j’ai l’immense privilège, l’honneur de vous partager une autre vision, son propre ressenti de LA FAMEUSE 6D !

La Course

Ce week-end s’est déroulé à la Plagne la mythique 6000D (65km de trail et +3500m de dénivelé positif). Il y a 7 semaines, j’ai accepté, sans vraiment savoir dans quoi je m’engageais d’accompagner, ma maintenant Binôme et hôte de ce blog, Foutrak, sur la petite soeur de la 6000D: la 6D Lacs, soit 27km et 1600m D+.

Les Bases

Mais avant de parler de la course, et de ce week-end improbable, et de certains éléments de la course, voilà quelques précisions…

Avant cette course, je n’avais jamais:

  • couru plus de 21km (sur route)
  • fait de trail de plus de 14km
  • fait plus de 590m de dénivelé positif sur une seule et même sortie
  • fait d’effort de plus de 5h00
  • utilisé de bâtons de trail
  • jamais couru en altitude (la course partait de 1900m pour monter à 2600m)

Avant cette course, j’avais:

  • systématiquement eu des ampoules à cause de mes chaussures
  • « crampé » a chaque trail
  • accompli la prépa la pire de tous les participants (16km et 210 m D+ de moyenne par semaine… quand il aurait fallu que j’en fasse le double)
  • accumulé trop d’excès et trop de fatigue (note pour plus tard: anniversaire, mariage et grosses charges de travail ne font pas bon ménage avec un planning de préparation pour un gros défi comme celui là…)
  • acheté un sac tout neuf, jamais utilisé
  • Pour ambition de uniquement finir avant la barrière horaire de 6h
  • juste envie que mes p**** d’ampoules arrivent le plus tard possible
  • Promis une bière à Lisa si elle faisait moins de 4h20

Maintenant que les bases sont posées, je me suis retrouvé avec la #teamcailloux composées uniquement de meumeufs marathoniennes, traileuses ou randonneuses confirmées… je suis aussi devenu Delphine, V1F de son état et offreuse de dossard (je revendique mes Néologismes)!

Je vous passe les détails du week-end et les photos de blogueuses au bord de la piscine, les tirages au sort de concours d’influenceuse, les repas et les petits dej’ de fitgirl et les barres de rire du J-1 avant la course… la TeamCailloux garde ses secrets, mais c’était un peu Vie ma Vie de Blogueuse! Où sont les caméras ???

Le départ et les premiers kilomètres

Mais à m’andonné, il a fallu cavaler! On a commencé par un escalier de 10 étages avec Layla (après tout, pourquoi attendre l’ascenseur… ben on aurait peut-être dû en fait!)… et puis on s’est retrouvés au milieu des 900 autres fous/folles qui allaient en découdre avec la Roche de Mio et autre Arpettes! Les Arpettes de Mio Mio, c’est pas un titre de film ça ???

Je pense qu’avant le départ, mes nerfs ont commencé à lâcher… Le soulagement d’en découdre avec la montagne? La réalité du défi qui se présentait à moi et devant lequel je ne pouvais maintenant plus reculer ? Toujours est-il qu’un peu d’émotion a déjà commencé à pointer le bout de son nez… mon nouveau côté féminin sûrement !

Les 8premiers kilomètres consistaient à prendre 800m d’altitude… faaaaacile!!!! Pas de bâton pendant 4km (le risque de harponnage de mollet était trop important) , tout le monde se suit gentiment, Layla, Alinounou et Foufou sont dans les parages… Lily s’envole… tout va bien, l’histoire qu’on s’est raconté(es) la veille est en marche.

Et puis voilà le premier Lac… « ohhh c’est beau » , « ohhhhh y a un bouchon!!!! » ben oui y en a du monde sur ces « singles » de montagne! On se croirait en direction du sud un jour de chassé-croisé en plein mois de juillet (ah ben c’est aujourd’hui!!!! ça tombe bien!!!).

Nous voilà donc au premier point de passage avec ma partenaire unijambiste (Layla s’est blessée l’avant veille…). Une arrivée au sommet de la Roche de Mio, digne d’une étape du tour de France tellement il y a foule, chant et musique…
J’annonce à Layla que je vais attendre Foutrak (ben oui, c’est ma binôme quand même), on se rejoint au ravito? L’échange est rapide: « ok, de toute façon j’avance pas en descente… // ça marche à tout à l’heure »

Le flamand rose parti, j’attends ma grande Foufou, et nous voilà parti pour une grosse dizaine de kilomètres de descente!

Petit stop au ravito pour récupérer Layla qui nous attend depuis 25 minutes (genre elle descend pas vite…) et qui a déjà englouti la moitié des « tucs » présents sur les tables… et let’s go à l’attaque du Déroooochoiiiiiiiiiir!!!! Ahhh vous avez peur???? ben non en fait !

Les Crampes et le Mur

Enfin si, mais pas Foufou qui telle un cabri des montagnes saute de pierre en pierre (à ne pas confondre de Delphine en Delphine…) et fait ses valises! A toute foufou!!!!

A vouloir l’imiter pour enjamber un petit ruisseau… gros coup d’arrêt… crampe… je savais bien qu’elles allaient arriver… mais pas aussi tôt!!!! (reste 14km à ce moment là…)

Retour de l’angoisse… et passage en mode « expérience »… j’ai déjà vécu ce moment lors du Trail Urbain de Marseille que j’avais fait avec mon « Bro  »  Alex. Sauf qu’il nous restait 4km à courir ou tout du moins réapprendre à courir pour ne pas appeler Madame Crampe à chaque appui…. La situation est exactement la même, sauf qu’il reste 9km de descente… Et 5km de montée…

Layla (toujours la même) telle une flamand rose qui a appris à utiliser ses deux jambes me rattrape (elle a profité d’une pause technique) qui me dépasse… Je ne la reverrai qu’a l’arrivée !

Me voilà donc avec Foufou et Layla devant, Lily qui doit être en train de finir, Alinounou quelques mètres derrière et ce que je vais appeler le « mur »… cette zone ou vous avancez sans trop savoir ce qu’il vous arrive et surtout la menace des crampes qui plane telle un rapace des montagnes qui guette sa marmotte (qui fait la marmotte???).

A ce moment là, je n’attend plus qu’une seule chose… la remontée… (le mec est fou!!!!)… mais en attendant la fin de la galère, j’ai ce monsieur qui fait 100m s’arrête, encourage sa Nana qui court à la même vitesse que moi… refait 100m etc… je pense qu’à un moment on a tous les deux envisagé de lui lâcher un gros « mais tu vas la fermer oui?????? »

La renaissance

Et finalement… la pente s’inverse… les chemins s’élèvent à nouveau… et… je revis… le plaisir d’avancer revient ! Mes bâtons y sont pour beaucoup: je peux enfin capitaliser sur le peu de puissance qu’il me reste dans les bras après 15ans de hand…

Il reste un point d’eau, 3km de montée jusqu’à l’Arpette, point d’eau où je retrouve ma binôme. Tout va bien, on papote un peu et elle me dit de foncer et que la dame avec une seule jambe est juste devant…

Ok, je fonce… A ce moment là, je trouve des ressources que j’avais planqué je ne sais pas trop où… ou alors ce sont les jambes de SuperMaman Valessa (Vous savez, la maman qui court un semi en moins de 1h30 avec une poussette) que j’ai empruntées et qui me portent. Je décide de me faire mal, de me mettre dans le rouge. J’avance bien, je double beaucoup de monde dans ce « single » pas technique… mais put***, je kiffe cette sensation d’avancer et d’être efficace… d’avoir su me gérer et de « tartiner » là où d’autres sont à l’arrêt sur les pentes…

La délivrance

Et puis arrive la descente finale vers la station… je redoute de voir revenir mesdames les crampes… mais il ne reste que 2km… « serre les dents feignasse » mais au fond de moi, je sais que je vais le faire! Je vais arriver au bout de ce défi… dans un temps que je n’aurai jamais imaginé.. et puis je pense à MamanNouille qui je le sais s’inquiète pour moi, et forcément à mon Bébénouille… et puis comme un couillon, les larmes me montent… (ou comment ruiner une course dans le dernier kilomètre avec une chute improbable!!!!)

Ce fameux dernier kilomètre dans la station, avec tant d’encouragement et de supports d’inconnus! Je passe la ligne en 4h40… les yeux mouillés… la moitié de la TeamCailloux m’attend déjà… Foutrak et Alinounou arriveront quelques minutes plus tard… je dois une bière à Lisa et Layla a toujours ses deux jambes! Mais surtout j’ai relevé un défi que je ne me serais jamais imposé sans ma binôme!

Cette course je la lui dois, le résultat bien sûr qu’il vient de moi, mais aussi et surtout de l’émulation et du soutien de cette bande de folles! Ensemble on est vraiment capable de franchir des montagnes !

NB : La Team cailloux: Lisa (aka « petit garçon ») Layla (aka, je vous laisse relire le CR…) Alinounou (aka: Miss météo) et votre Foutrak (aka Binôme)

Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

Je reprends les manettes, Nounouille rend l’antenne, MERCI à toi pour tous les détails de ce CR, je crois que vu ce récit tu es prêt pour ton propre blog ! Pour la suite de ces aventures, c’est sur son profil Instagram 

C’est le premier à prendre la parole, pas le dernier, mais on est d’accord que ce compte-rendu si particulier méritait un article tout entier ?!

Je ne sais pas ce que vous en avez pensé, moi j’ai déjà envie d’y retourner, à quand le prochain invité pour tout nous raconter ???

 

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5 thoughts on “Le premier trail montagne d’un Papa Nouille

  1. J’avais déjà ton ton CR mais je l’ai relu ce matin et j’ai bien fait car après avoir fait mon premier trail ce week-end je comprends tellement mieux toutes les émotions, angoisses et joies que tu as vécu ! Merci d’avoir partager ça avec nous et putain, bravo pour ce Trail, c’était hard quand même ! Un jour peut-être que j’y arriverai moi aussi ! bises
    Carole

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